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Iron Sky
Culture Geek

Iron Sky : le film

Vous les pensiez vaincus ? Ils se sont juste regroupés

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, tout le monde les pensaient vaincus. Hitler mort, le Troisième Reich ne pouvait qu’agoniser rapidement. Et pourtant, en 2018, la Présidente des Etats-Unis d’Amérique va avoir une drôle de surprise…

Les astronautes qu’elle vient d’envoyer sur la Lune pour remonter sa côté de popularité à quelques mois des élections, vont en effet tomber sur une tuile : une gigantesque forteresse nazie nichée au plus sombre de la face cachée de la Lune. Capturé, James Washington, astronaute désigné tout aussi bien pour son patronyme, son origine afro-américaine et son physique de mannequin, va devoir faire face à cette menace sans précédent.

Aryanisé, le voilà de retour sur Terre en compagnie d’Herr Adler, le futur Führer, et de sa promise, la blonde Renate Richter, pour préparer l’invasion des forces du 4° Reich. Mais 70 ans loin des réalités du monde ont quelque peu perturbé l’idéologie nazie, d’autant que l’accueil qui leur est réservé est loin de celui attendu. Quelqu’un saura-t-il réagir à temps avant que ne commence l’invasion depuis la Lune ?

Iron Sky, aventure communautaire réussie

Avec son pitch tout droit sorti du cauchemar d’un schizophrène sous LSD (des nazis revenus de la face cachée de la Lune envahissant les Etats-Unis), Iron Sky n’a cessé d’alimenter les fantasmes sur le Net, et ce, depuis sa genèse. Les craintes également, car il va de soi qu’un sujet aussi sérieux doit être traité avec le respect qu’il mérite. Il suffit de regarder la débâcle que constitue Abraham Lincoln : chasseur de vampires pour s’en convaincre.

Consciente de l’attention que lui portait les internautes, l’équipe du film a intelligemment su en tirer parti. Peinant à réunir les 7,5 millions d’euros nécessaires à son budget, elle a ainsi fait appel au crowd funding pour réunir les 900 000 € qui lui manquait. Bien que seulement 686 000 € aient finalement pu être levés, l’initiative a permis à de nombreux fans de rejoindre l’aventure de manière concrète. Et à présent, c’est leur mobilisation qui est demandée sur le site, pour convaincre les distributeurs trop frileux de s’engager pour diffuser le film. Car en France, malgré un contrat passé avec Synergy Cinemas, aucune date de diffusion n’est encore annoncée.

Mais votre serviteur a heureusement pu profiter d’un visionnage de l’œuvre et ainsi vous faire part de ses impressions !

Malgré des faiblesses, un pari respecté

Connus de quelques amateurs éclairés pour ses interventions sur Star Wreck, parodie de la célèbre série de SF Star Trek, Timo Vuorensola, à la réalisation, n’est malheureusement pas la révélation du moment. Un rythme un peu mou et des plans parfois brouillons ne parviennent pas à faire sortir son travail de la masse. Les acteurs eux, peuvent compter sur quelques têtes familières, Christopher Kirby (Star Wars Episode III, Matrix 2 et 3) et Udo Kier (Melancholia, Blade, …) en tête. Sans oublier la sublime Julia Dietze dans le rôle de la séduisante et ingénue institutrice nazie.

En dépit d’une caméra qui manque un peu de dynamisme, Iron Sky assure plutôt bien côté scénario et dialogues. Jouant sur l’ambivalence nazie ( « We come in peace ! ») et la naïveté de Renate qui voit en ses pairs les sauveurs attendus d’une humanité divisée, il nous réserve quelques scènes mémorables. Ainsi, Le Dictateur de Chaplin, devenu un court-métrage de quelques minutes en l’honneur d’Hitler, est présenté aux jeunesses nazies comme « Le plus vibrant hommage du monde occidental au Führer ». Ironie, quand tu nous tiens…

Il faut dire que les défenseurs américains, incarnés par leur Présidente et fidèles à leur image de justiciers du monde, n’ont pas de mal à s’aligner sur les nazis. Tantôt source d’inspiration tantôt ennemis tout désignés pour servir de faire-valoir, les troupes du Quatrième Reich seraient presque les plus à plaindre.

On sourit, souvent ; on se lasse, plus rarement ; on guette néanmoins le franc éclat de rire qui ne vient pas. Seules les réunions de l’ONU, truffées de petites références aux attitudes politiques des pays représentés, sont de véritables morceaux d’anthologie. Et l’anti-américanisme qui s’en dégage s’appuie malheureusement trop sur des bases réelles pour qu’on songe à le critiquer. Série B honnête et originale, Iron Sky, trop frileux, ne parvient pas à remplir toutes ses attentes. Reste un divertissement de bonne facture, qui surprend également par la qualité de ses effets spéciaux, mémorables pour une production de cette envergure.

Si vous voulez en profiter au plus vite, n’hésitez pas à appuyer, via le site officiel, les demandes de diffusion françaises. Autrement, vous trouverez juste sous ces lignes un lien pour commander le DVD. En tous les cas, il serait dommage de rater cet OVNI.

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