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Total Recall mémoires programmées
Culture Geek

Total Recall mémoires programmées

Douglas Quail est toujours là, mais plus Schwarzy

Rendu inhabitable par des décennies de guerre biochimique, le monde n’est plus qu’un cloaque fumant et radioactif. Seules subsistent la Fédération Britannique et la Colonie, implantée sur l’ancienne Australie. Seul moyen de passer de l’une à l’autre : la Chute ; un tunnel titanesque qui traverse la planète de part en part, en ligne droite. Quotidiennement, de gigantesques transports l’empruntent pour acheminer marchandises et main-d’œuvre.

Cette main-d’œuvre, Douglas Quail en fait partie. Ouvrier à la chaine dans une usine de construction de Policiers Synthétiques, il trime toute la journée pour un salaire de misère qui paye tout juste le taudis qu’il partage avec sa femme. Aussi, quand la promotion qu’il espérait lui est refusée par simple népotisme, il décide de se tourner vers les services controversées de Rekall.

Moyennant une somme modique, ceux-ci peuvent vous faire vivre n’importe quelle aventure, l’illusion étant aussi tangible qu’une expérience réelle. Sur un coup de tête, Quail opte pour une vie d’agent secret. Mais à peine l’expérience a-t-elle débuté que pour Quail le cauchemar commence…

Pourchassé par les équipes d’intervention du Chancelier, il se découvre brusquement des dons extraordinaires pour le combat et les opérations tactiques. Autour de lui, la réalité s’effondre, et même sa femme se révèle être une autre. Qui est-vraiment Douglas Quail, et pourquoi sa mémoire a-t-elle été effacée ?

Un déchainement d’action très loin de l’œuvre originale

Remake du film Total Recall réalisé en 1990 par Paul Verhoeven (Robocop, Starship Troopers, …), Mémoires Programmées trouve son origine dans une nouvelle de Philip K. Dick, Souvenirs à vendre, elle-même datée de 1966.

Si Verhoeven, dès le départ, avait pris le parti de faire de son Total Recall un film musclé, comme en atteste la présence d’Arnold Schwarzenegger dans le rôle de Douglas Quail, Len Wiseman (Underworld, Die Hard 4), en fait le moteur principal de son remake. Adieux les références à l’œuvre d’origine : de la nouvelle de K. Dick, rien ne subsiste ou presque.

Exit le voyage sur Mars. Au revoir souvenirs implantées (ici, l’expérience est vécue en direct). Bye bye dénouement à la Inception (bien que ceux de K. Dick et de Verhoeven différent grandement, ils gardent tous deux le principe d’une fin gigogne). Arrivederci les réflexions sur la réalité et le fantasme qui faisaient le cœur du premier film. Seule compte l’action et rien d’autre.

Il faut néanmoins reconnaître à Wiseman qu’il manie le genre à la perfection, ne laissant à ses spectateurs pas un seul instant pour reprendre haleine. Les scènes s’enchainent méthodiquement, alternant poursuites – à pied ou en voitures volantes – et combats – aux poings ou au flingue – sur une B.O. qui ferait pâlir la Chevauchées des Walkiries devant son enthousiasme guerrier. Et les acteurs suivent. Malgré un charisme vacillant, Colin Farrell joue le héros paumé sans trop de difficultés, tandis que Kate Beckinsale et Jessica Biel, respectueusement épouse factice et petite amie réelle, se déhanchent pour ses beaux yeux. Le public masculin appréciera. Invité surprise du casting, Bryan Cranston (Walter White dans Breaking Bad), joue sans trop de conviction son rôle de grand méchant. Dommage.

Reste l’esthétique, qui laisse vraiment mitigé. Abordée par un œil neuf, elle est irréprochable, offrant de superbes panoramas et une ambiance cyberpunk fascinante. Mais pour n’importe quel regard cinéphile, le tableau se gâte : partout, tout n’est qu’une resucée, certes très belle, mais sans imagination d’unBlade Runner mâtiné de Deux Ex. Même les poursuites en voitures semblent tout droit sortie de Minority Report, une autre adaptation de K. Dick. A croire qu’ils ont fait bosser les concept artists d’EA après leur avoir fait visionner en boucle tous les films tirés de l’œuvre de l’auteur ! Bref un manque d’imagination qui peine tout de même un peu.

En résumé, ce nouveau Total Recall est un excellent film d’action, mais également une bien piètre continuation des œuvres dont il est issu. A voir, sans doute, mais sans attentes surdimensionnées.

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