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La colère des Titans
Culture Geek

La colère des Titans

Les dieux se meurent, et les Titans sont libres

Dix ans après avoir vaincu le Kraken, Persée, le demi-dieu fils de Zeus et de la reine Danaé est devenu un simple pêcheur sur un village côtier. Ayant promis à sa défunte épouse Io d’élever leur fils Helius loin du chaos des champs de bataille, il ne peut que refuser son aide à son père lorsque celui-ci vient le voir.

Pourtant, Persée aurait des raisons d’être inquiet car Zeus ne se déplace pas pour rien : les prières des hommes se tarissant, le pouvoir des divinités fait de même, et les murs du Tartare, la prison infernale qu’ils ont conçue pour tenir les Titans loin du monde, menacent de céder avec l’affaiblissement des forces divines. Et si Cronos, père de Zeus et chef des Titans, venait à se libérer, le monde entier serait en danger.

Aussi quand Arès, son demi-frère, s’allie au dieu des Enfers Hadès pour renverser Zeus, tuant Poséidon et menaçant de rendre leur liberté aux Titans, Persée n’a d’autre choix que de rappeler Pégase pour prendre en main le destin du monde. Aux côtés de son cousin Agenor, fils semi-divin de Poséidon, accompagné de la reine-guerrière Andromède, il va entamer une longue quête qui le mènera jusqu’au cœur des Enfers pour sauver le monde de Cronos.

Un peplum épique mais convenu

Suite du Choc des Titans, remake du film éponyme, qui avait su agréablement renouveler le genre, ces nouvelles aventures de Persée nous emmènent donc en terrain connu. Si le réalisateur Louis Leterrier a cédé la place à Jonathan Liebesman (World Invasion : Battle of Los Angeles), le reste du casting reste le même : Sam Worthington (Avatar, Terminator Renaissance) en Persée, et Liam Neeson (Star Wars I à III) dans le rôle de Zeus notamment.

La mythologie de Persée étant déjà clairement établie par le premier opus, La Colère des Titans se permet de démarrer en force, Liebesman ne souhaitant pas faire souffrir ses combats d’une comparaison avec l’affrontement contre le Kraken. Quitte pour cela à tomber par moment dans la surenchère, n’hésitant pas à démultiplier la mythique Chimère ou placer un Minotaure dans les entrailles du Tartare. Il faut comprendre que le film se voit avant tout comme une guerre d’anthologie comme les Titans, un récit visuel épique.

Mais ce qui, en IMAX sur écran géant, pourrait procurer un spectacle grandiose, s’avère en fin de compte une très mauvaise idée. En premier lieu, du fait de choix techniques contestables : alors que le premier volet s’était déjà vu largement critiqué pour une 3D ajoutée à la hâte en post-production, Liebesman reproduit l’erreur, offrant un relief terne, plat, voire moche. Un impératif vraisemblablement dicté par le choix de l’argentique pour le tournage, complètement injustifié pourtant par l’ajout massif d’effets numériques. Si la volonté d’obtenir un grain, de la matière, est louable, l’idée même en devient ridicule quand la majeure partie des visuels est finalement ajouté en post-production, entièrement en numérique.

Ensuite, du fait de la sortie récente des Immortels de Tarsem Signh. Malgré tous ses efforts, l’équipe du film ne parvient pas un instant à rivaliser avec l’esthétique hallucinée de sa Titanomachie. Les parallèles constants de l’histoire ne peuvent que le rappeler en permanence, et la vision hollywoodienne du mythe de Persée parait bien fade face au périple de Thésée. Difficile dès lors de miser sur son esthétique quand on est complètement dépassé par son plus récent challenger.

Et enfin, mauvais choix toujours, car en se concentrant sur les combats, les scénaristes ont perdu de vue l’essentiel : l’histoire. Si le premier film, inspiré des écrits d’Ovide, confondait déjà les héros Bellérophon et Persée en chevaucheur de Pégase, le deuxième volet rompt rapidement tous ses liens avec la mythologie grecque. Y piochant ses références seulement pour les adapter sans réel ciment, le scénario tente une approche moderne, rationnalisant la disparition des anciennes divinités mais sans réussir à convaincre.

Entre un Agénor cantonné dans un rôle de bouffon potache, un Persée aux sentiments plus lisses que le miroir utilisé pour vaincre Méduse et une Andromède transformée en potiche, les acteurs ont bien du mal à surnager dans ce marasme ambiant. Alors oui, La Colère des Titans s’offre quelques bonnes images au long d’un scénario simple et classique qui ne perdra aucun spectateur. Etait-il réellement indispensable de les enrober ainsi dans 1h39 de film pour ainsi dire inutiles ?

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