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Les Immortels
Culture Geek

Les Immortels – le film

Le mythe de Thésée complètement revisité

Il y a des éons, lors des combats qui opposèrent les Dieux aux Titans, Zeus, père des Olympiens, fini par enfermer ses immortels adversaires sous le mont Tartare, dans une cage d’où ils ne pourraient jamais s’échapper sans aide. Au XIV° siècle avant J-C, à l’époque de la Grèce antique, les Titans prisonniers veillent toujours dans leur prison magique. Seul un puissant artefact que Zeus a dissimulé sur Terre, l’Arc d’Epire, pourra briser le sceau qui les maintient enfermés, et leur permettre de déchainer leur courroux contre les Dieux et les hommes.

C’est cette arme mythique que cherche désespérément le cruel Hypérion. Sa femme et ses fils emporté par la maladie, l’impitoyable monarque a juré de tuer les Dieux qui avaient permis leur mort. Lâchant ses armées sur la Grèce, il entend bien profaner le moindre temple du pays, violant ses femmes et réduisant ses hommes en esclavage pour assurer son immortalité à travers le visage des enfants à naître. Sa mère assassinée sous ses yeux par le tyran, Thesée, vulgaire paysan pourtant athée béni des Dieux, va jurer de se venger d’Hyperion, et de le tuer.

Sous l’œil impavide des Dieux qui, liés par leurs serments, ne peuvent intervenir dans les affaires mortelles, Thésée, accompagnée de Phèdre, l’une des Douze Sibylles qui a vu en lui celui qui deviendra soit le sauveur soit le destructeur de la Grèce, va se mettre en quête de l’Arc d’Epire. Traqué par Hypérion, pressé par le temps, Thésée va devoir forger sa légende, face aux hommes, aux Dieux, et aux Titans.

Des partis-pris extrêmes, qu’on aime ou qu’on déteste

A peine sorti en salle, Les Immortels se voient déjà démolis de toutes parts avec autant d’enthousiasme qu’en met le bourreau d’Hypérion à manier le marteau. Décors kitschissimes, scénario en carton-pâte, irrespect de la mythologie classique, … les critiques pleuvent drues sur l’œuvre de Tarsem Singh, n’en épargnant aucun détail. A tel point que j’ai peine à croire avoir vu le même film.

Pour rappel, Tarsem Singh, réalisateur indien issu du monde du clip et de la pub, a fait ses début en 1998 avec The Cell, où Jennifer Lopez, improvisée profiler, plongeait littéralement dans les méandres de l’esprit d’un serial-killer schizophrène. Esthétique torturée, couleurs saturées, costumes égotiques, le réalisateur a l’habitude de nous livrer des films visuellement éprouvants. A l’instar de The Cell, les protagonistes d’Immortels agissent symboliquement sur leur environnement. Plus que de simples décors, ceux-ci sont construit comme un reflet de leur psyché. Des masques torturés des armées d’Hypérion aux casques divins, hommes et dieux déteignent physiquement sur ce qui les entoure. Cette difficulté d’accès en rebutera sans doute plus d’un, qui n’y verra qu’un kitsch tapageur. Je suis pour ma part très sensible à l’aliénation de cette vision, et à ce titre, Les Immortels est indubitablement une consécration de ce que The Cell et The Fall avaient entamés : un éblouissant tableau vivant aux frontières de la folie incarnée ici par Hypérion et ses ancêtres.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un combat du Bien contre le Mal, de la raison contre la folie, de la civilisation triomphant de l’obscurantisme. C’est sur cette ligne directrice manichéenne, nourrie par des antagonistes archétypaux que ne renierait pas Jung que Singh brosse son scénario, ligne quasiment droite qui mènera son cortège vers sa destination. Sans surprise ni détour, on assiste à cette lutte à mort qui déchire la Grèce. Le film se construit d’un tenant, schéma trop connu du spectateur pour vouloir chercher à le berner. Car chacun sait comment l’histoire va se terminer, alors pourquoi se donner la peine de lui promettre autre chose ? Jusqu’au dénouement, moment virtuose où s’enchevêtrent Thésée et sa Némésis Hypérion, Olympiens et fils d’Ouranos. Apothéose de violence et maestria cinématographique, cet ultime combat clôt majestueusement cette montée sans heurts vers son crescendo.

Plus qu’une faiblesse scénaristique, cette linéarité sonne comme l’aveu d’un manque d’intérêt de Singh pour cet aspect de son œuvre. Les puristes hurleront d’ailleurs au détournement, à la trahison voire au meurtre (ici, c’est Euripide qu’on assassine) en constatant le dédain manifeste qu’ont les frères Parlapanides (les scénaristes) pour les classiques grecs, la Titanomachie et la légende de Thésée qu’ils ré-écrivent allègrement.

Qu’importe. Les déçus et les aigris n’auront pas du saisir l’essence du film, les comparaisons multiples avec 300 ou Le choc des Titans ne le montrent que trop bien. Ni incitation intellectuelle, ni péplum esthétisant, Les Immortels est un tableau violent et cru d’une lutte primordiale : celle de l’homme contre la bête.

Preview du film

Dans la Grèce antique, le jeune Thésée grandit comme simple tailleur de pierre, orphelin depuis que sa mère a été tuée par les armées du redoutable roi de Crète : Hypérion. Descendant des Titans, divinités primordiales qui ont jadis engendrés les Dieux de l’Olympe eux-mêmes, Hypérion entend bien aider ses effroyables ancêtres à se venger de la défaite que leurs ont infligés les dieux il y a longtemps. A la tête de ses impitoyables armées, il parcourt donc la Grèce en tous sens, semant la mort et la désolation partout où il passe, pour mettre la main sur le puissant arc d’Epiros, la seule arme capable de réveiller les Titans. S’ils venaient à sortir de leur sommeil, les jours de l’humanité et des olympiens seraient alors comptés.

Décidé depuis toujours à venger sa mère morte de la main du tyran, Thésée va voir son destin basculer le jour où il va croiser le chemin de Phèdre, la Sybille. Les visions de la devineresse vont alors les persuader que Thésée, élus de Zeus, est le seul qui puisse encore contrer l’inexorable avancée d’Hyperion. Avec l’aide de l’Oracle, le jeune héros va alors rassembler une petite armée de fidèles pour contrer les plans du roi de Crète. Héros désigné par l’Olympe, dernier espoir de l’humanité, Thésée va alors devoir retrouver l’artefact d’Epiros, l’arc magique qui permettrait de ranimer les Titans, avant son ennemi.

Nouvelle adaptation de la mythologie grecque, dotée d’une esthétique soignée, Les Immortels évoquent souvent les noms de 300 (c’est d’ailleurs les mêmes producteurs qui sont derrière) ou du Choc des titans, mais plus rarement the The Cell. C’est pourtant le même réalisateur indien, Tarsem Singh, qui se cache derrière le thriller fantastique et ce péplum musclé, et sa patte artistique transparait dès le premier regard. A cet égard, les Immortels devraient sans trop de doute obtenir une mention spéciale pour l’esthétique, pour peu qu’on aime les mabiances chargées, symboliques, et parfois un peu malsaines. Côté scénario, le film semble reposer sur une adaptation très libre du mythe de Thesée, vainqueur du Minotaure, et de la Titanomachie, le récit des affrontements entre les dieux de l’Olympe, menés par Zeus, et les Titans primordiaux, dirigés par Cronos.

A quelques semaines de sa sortie, malgré une médiatisation assez faible, le film donne plutôt une très bonne impression, qu’on espère qu’il confirmera en salles.

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