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The Dark Knight Rises
Culture Geek

Batman : The Dark Knight Rises

Bruce Wayne brisé, le Batman n’existe plus

Il y a huit ans, le combat contre Harvey Dent, alias Double Face, a laissé le Batman brisé, aussi bien moralement que physiquement. Sur le plan politique, après s’être lui-même accusé du meurtre du procureur-adjoint, le Chevalier Noir est devenu un criminel aux yeux de la population. Sur le plan physique, Bruce Wayne ne s’est jamais remis de cette ultime confrontation. Boiteux, désillusionné, il erre dans son manoir et dilapide lentement la fortune héritée de ses parents.

Mais une rencontre va mettre un terme à cette vie de reclus : celle de Selina Kyle, cambrioleuse de génie aux allures félines qui lui dérobe si aisément un collier de perles. A moins qu’il ne s’agisse de l’arrivée à Gotham City de Bane, le nouveau maître de la Ligue des Ombres ?

Face à cet ennemi implacable fermement décidé à éradiquer totalement Batman et sa ville, Bruce Wayne aura-t-il encore la force d’endosser le costume de l’homme chauve-souris, ou est-il déjà trop tard pour relancer la légende ?

Un Batman plus humain, mais aussi plus vulnérable

Christopher Nolan et Christian Bale l’avaient tous deux annoncé : Batman serait une trilogie, et The Dark Knight Rises en marquerait la fin. L’introduction de Bane, l’homme qui a brisé Batman dès sa création par DC Comics en 1993, laissait donc présager d’une fin douloureuse pour le sauveur de Gotham.

Dès le départ, la caméra de Nolan capture effectivement un Bruce Wayne diminué, déjà perdant avant même que ne commence l’affrontement. Un Wayne plus humain néanmoins. Sa rage et son intransigeance sont retombées, laissant la place aux doutes et aux remords. Avec la mort de Rachel Dawes, ses derniers espoirs d’une vie hors du costume du Chevalier Noir se sont envolés, et son alter ego lui-même n’a plus de raison d’être.

Si Stan Lee a été le premier à conférer à ses super-héros une existence propre en dehors de leur rôle public, Nolan fait carrément de Bruce Wayne le héros de son film, délaissant les archétypes des super-héros pour confronter les hommes qui les ont bâtis. Jusqu’à Catwoman, qui, entièrement dépossédée de son identité (son nom ne sera jamais prononcé dans le film), revêt simplement les traits de Selina Kyle, cambrioleuse de haut vol. Ce qui n’empêche pas Anne Hathaway, huitième actrice à revêtir ce costume, de nous faire oublier en quelques instants ses prédécesseurs. Soucieux de se distancier de l’œuvre comics, moins mature que la sienne, le réalisateur veille ainsi à en éradiquer les références jugées les plus caricaturales.

Un résultat à la hauteur des attentes ?

En compétition acharnée avec The Avengers pour le titre du film le plus attendu de l’année, ce dernier Batman cristallise les espoirs de millions de fans pour qui Nolan avait enfin réussi à ranimer la flamme du justicier masqué. Mais du long de ses 2 heures 44, cet ultime opus mérite-t-il réellement une telle attention ?

Véritable génie de la réalisation, Christopher Nolan marque de son empreinte chaque film qu’il signe, de Memento à Inception, et Batman n’échappe pas à la règle. Loin des archétypes du super-héros, il a construit une saga noire, personnelle, et diablement efficace. Il faut néanmoins laisser à Whedon les honneurs de ce duel : malgré ses qualités, The Dark Knight Rises doit en fin de compte déposer les armes face aux Avengers (après tout, ils ont un Hulk !).

Car en dépit de la profondeur conférée à ses personnages, que les adaptations de Marvel sont bien en peine d’égaler, ce dernier Batman n’est pas sans souffrir de quelques lenteurs, le film mettant l’entrain un vieux diesel pour démarrer et trouver son rythme. Quelques passages (notamment la révélation de l’identité du Batman au commissaire Gordon), auraient par ailleurs mérité un traitement un peu plus subtil. Mais la faute fatale vient certainement du twist final, bien en-deçà de ce à quoi Nolan nous avait habitués, et qui laisse en bouche un petit goût de déception. Il s’en faut de peu, mais ces quelques erreurs suffisent à briser le charme, faisant du film un excellent dénouement, mais lui ôtant son statut culte.

En une demi-douzaine d’années, Batman aura ainsi ressuscité au cinéma, redevant une icône majeure pour le plus grand plaisir des geeks, mais aussi du grand public. Plus adulte, plus réfléchi, le personnage de Christian Bale méritait bien que l’aventure s’arrête ici pour lui. Trois films et autant de réussites lui auront rendu ses lettres de noblesse, remercions Nolan pour savoir stopper la légende tant qu’elle est à son apogée.

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